Les années en « 6 »
La curiosité, pour moi, et peut-être pour vous aussi, c’est d’aller revoir ce qui s’est passé au cours des années précédentes dans le Beaujolais… Depuis le Consulat de 1799, par Napoléon Bonaparte, les millésimes en « 6 » ont donné peu d’années exceptionnelles. Sur nos terres de Corcelles-en-Beaujolais, nous avions eu la chance d’avoir Elisé Portal, célèbre poète vigneron, qui a pu noter les récoltes jusqu’en 1965. Les données suivantes sont rassemblées par Elisé Portal, complétées par David et Foillard, négociant à Saint Georges de Reneins, puis actualisées par Dominique Piron, vigneron à Morgon.
Nous vous laissons donc juger de vous même la qualité des années en 6 depuis 1906…
1906 – Les vins titrent de 12 à 13 degrés, 80 F la pièce. Bonne récolte. qualité remarquable, vins corsés et de belle couleur
1916 – Guerre. Année moyenne et courante.
1926 – Gelée, mildiou, vers. Médiocre en tous points.
1936 – Froid, humidité, gelée, 400 F la pièce. Année médiocre en tout.
1936. Validation par l’INAO des appellations Chénas, Chiroubles, Fleurie, Moulin à Vent et Morgon
1946 – Année normale, 1 400 F la pièce. Quantité et qualité moyenne.
1946. Validation par l’INAO de l’appellation Saint Amour
1956 – Gelée d’hiver en février, 25 000 F la pièce. Année déficitaire, vin médiocre.
1966, décès de Elisé Portal, poète vigneron à Corcelles, (1916 – 1966)
1966 – Année de bonne récolte mais vendangée trop tôt. Verdeur excessive, violent orage de grêle sur Villié-Morgon la nuit du 12 au 13 septembre, à 1 heure du matin, détruisant une grande partie de l’appellation deux jours avant les vendanges. Assez bonne qualité dans l’ensemble sur les autres appellations. Commercialisation assez facile. 50 000 hl de Beaujolais Nouveau
1976 – Chaleur et sécheresse, pas d’eau depuis une petite couche de neige en avril, jusqu’à fin août. C’est l’année de l’impôt sécheresse ! Quelques-uns ont voulu vendanger vers le 20 août, mais globalement début des vendanges tout début septembre, quelques orages de grêle. Vins remarquables, atypiques, tanniques, fermes, selon la date des vendanges et l’exposition des vignes. Certains 76 n’ont jamais évolué et sont restés typés de cette sécheresse. 1 600/2 200 F la pièce.
1986 – Récolte abondante, vers le 20 septembre. Etat sanitaire compliqué. Millésime moyen avec des vins fruités et plaisants ; 600 000 hl de Beaujolais nouveau
1996 – Année très sèche avec un rendement fort. Millésime très équilibré à tendance acide. Vendanges vers le 10 septembre. Les raisins oubliés se sont conservés longtemps. Bon millésime
2006 – Hiver froid et humide, printemps tardif et mois d’août pluvieux. Une année difficile à gérer mais finalement un bon millésime avec des vendanges vers le 10 septembre.
2016 – Hiver doux et humide, terribles orages de grêle le 27 mai.et le 24 juin, de Beaujeu à Moulin à Vent. Un millésime hétérogène mais avec quelques grands vins. Vendanges vers le 20 septembre.
2026 – L’histoire est encore à écrire…








